13 novembre 2009
Un peu de culture - épilogue
Au printemps, les agriculteurs de nos communes furent destinataires de lettres recommandées les sommant de faire état de leurs parcelles à risque afin d'y établir des conventions de protection sous peine de ne pas être convenablement indemnisés. Je vous laisse imaginer la popularité de ces courriers. Notre crainte fut que ces dispositions amènent la pose de clôtures linéaires tout autours du massif, le coup de grâce en quelque sorte pour la population de cervidés.
Nous avons donc décidé de réagir, organisant, sous couvert de la charte forestière de la communauté de commune, des réunions dans les villages concernés entre agriculteurs et chasseurs.
A la grande surprise des plus septiques, un projet fut mis en place alliant clôturage raisonné et cultures à gibier permettant aux animaux de se déplacer et se nourrir librement.
Ce projet est maintenant entre les mains des techniciens de la FDC et mêmes si certains points doivent être approfondis, nous comptons bien qu'il servira de point de départ à une véritable gestion de proximité de notre massif.
L'Assemblée Générale du GIC de la Montagne aura bientôt lieu et elle devra statuer sur une véritable politique corporatiste qui défende son capital cynégétique.
Les présidents de chasse l'ont prouvé, ils savent se remettre en cause, maintenant il faut aller plus loin et défendre les intérêts du massif... et seulement du massif.
10 novembre 2009
Un peu de culture - protégée
La diminution de la facture "dégâts de gibier" passe bien entendu par l'agrainage, pratique très controversée mais efficace malgré tout en périodes critiques, et le clôturage..... Ah, fameuses clôtures, que l'on pose avec d'autant plus de motivation lorsque ce n'est pas..... chez soi !
Clôtures qui ont pour effet, lorsqu'elles sont entretenues, d'interdire, et c'est le but, l'accès aux récoltes, mais également d'influencer les déplacements des animaux.
Le cerf aime le colza, on le lui interdit, il va le chercher ailleurs.
Enfin le phénomène sanglier a certainement joué son rôle dans la désertification de la zone. Les cervidés n'aiment pas être dérangés, les biches, surtout au moment de la mise bas, recherchent le calme et la sécurité.
En fin d'hiver dernier, les comptages furent sans appel. Cette fois nos éminents spécialistes ne purent dire que les animaux étaient cachés à s'empiffrer en forêt car il n'y avait rien à manger. Les chasseurs heureusement avaient tenté de limiter les frais en faisant une croix sur des bracelets payés une fortune. Un peu tard direz vous.
Cette année ces mêmes chasseurs ont divisé les plans de tir par 2 pour les cerfs et par 3 pour les biches. Cela suffira t'il ?
06 novembre 2009
Un peu de Culture - intensive
Oui bien sûr on devait y venir, le monde animal n'échappe pas à la règle ; pour vivre il faut manger. Le cerf, herbivore, peut avaler 15 à 20 kg de nourriture par jour... en forêt tout d'abord mais aussi dans les cultures et principalement les colza. On a pas attendu les ravages causés par les sanglier ces dernières année pour parler de dégats de gibier sur le massif. La suite leur donna raison quand on connaît maintenant l'explosion du cheptel sanglier mais si l'on ne peut pas discuter sur le fond, il y a bien des choses à dire sur la forme !
Il y a 10 ans, lorsqu'on parlait dégats à n'importe quel chasseur de Côte d'Or, la zone était immanquablement montrée du doigt. Je pense n'apprendre à personne que l'indemnisation repose uniquement sur les chasseurs et ce fut donc tout naturellement que le programme de la nouvelle équipe de direction de la FDC préconisait la baisse de ces dégâts.
03 novembre 2009
Un peu de culture - l'évolution
Depuis la réserve fut chassée, tout d'abord à l'approche encadrée par les agents ONF (que je salue amicalement), puis mise en adjudication et chassée selon un principe mixte : approche et battue. 
Mais si l'ouverture de ce lieu d'asile est à mon sens une des causes de la situation actuelle, elle n'est pas la seule.
Il était à cette époque une frontière naturelle que les cerfs, du moins le disait on, ne franchissaient jamais : une rivière, plutôt un ruisseau ou plus précisément une vallée.
Est-ce l'ouverture de la réserve qui fit qu'un jour les hardes traversèrent ?
Est-ce la surpopulation du moment ou une autre cause encore ?
Et merci en passant à Pierre-André pour ces photos réalisées dans ce lieu historique.
31 octobre 2009
Un peu de culture - prologue
C'était il y a fort longtemps... Une nuit, je les avais vu depuis la voiture qui sortaient d'un colza. Un ami comptait dans le champ des phares, il a stopé à 400... et d'autres passaient encore.
Sur ces images, cette harde mythique sortait de la réserve. La réserve ! Près de 1000 hectares au coeur du massif dont on disait qu'elle ne servait à rien.
29 mars 2009
Un peu de chasse
La réunion du GIC de la montagne a fait quelques heureux… les cerfs. La décision a été quasi unanime, place à la modération ! Pour la saison à venir, 50% de réduction en cerfs et près de 70% en biches et jeunes ! Qui dira que les chasseurs ne sont pas des gens responsables.
Bien sûr on pourra toujours répliquer que si nous en sommes là, c’est dû à une mauvaise gestion. Mais je crains que le problème soit plus compliqué ; à l’évidence d’un prélèvement certes trop important ces dernières années viennent s’ajouter pas mal de facteurs très aggravants :
La pose des clôtures pour réduire les dégâts qui ont pour effet de délocaliser les populations,
L’abondance des sangliers et les possibles difficultés de cohabitation,
La FCO, ou fièvre catarrhale ovine, maladie sournoise dont les méfaits sont difficilement chiffrables.
A 2 de ces 3 facteurs les chasseurs du massif tentent d’apporter des solutions :
La diminution du cheptel sangliers qui a explosé ces années dernières.
La mise en place (du moins je l’espère) avec les agriculteurs d’un plan de gestion résonné des clôtures et de cultures à gibier pour pallier au manque de nourriture.
La FCO, malheureusement reste le point d’interrogation et espérons que le sale moucheron porteur du virus ait eu bien froid cet hiver.
25 novembre 2008
Les GRANDS chasseurs
Vendredi soir en fermant la porte de notre maison de chasse après l'AG du GIC de la montagne, j'étais heureux et fier. Heureux pour les cervidés du massif et fier de mes collègues présidents de chasse qui honorent notre corporation.
Mais d'abord une petite explication de texte : La notoriété des chasses du massif tient à la population de cerfs qui l'habite. Les communes, l'ONF et les propriétaires forestiers en tirent d'importants revenus.
Les chasses sont chères et les actionnaires des sociétés viennent pour les cerfs. Aussi leur annoncer qu'ils doivent se faire ceinture et qu'on va fermer des bracelets payés 345 et 265 € semble illusion !
Mais ce n'est pas une illusion, la décision est prise de ne pas tirer les biches et préserver la moitié des jeunes attribués !
Bravo J-Pierre, J-Claude, Remy et tous les autres, bravo surtout à ceux qui tiendrons ces engagements.
20 novembre 2008
On croise les doigts
C'est demain l'AG du Groupement d'interet cynégétique de la Montagne.
Demain va se décider l'avenir des cervidés du massif.
Espérons que les présidents resteront sur leurs bonnes dispositions.
Je pense que tous les chasseurs "responsables" (on dit dans le jargon "gestionnaires") sont conscients que la réalisation des plans de tir attribués signifie éradication.
14 novembre 2008
Recherche au sang
Les potins, c'est aussi la chasse et
voici donc pour changer une petite histoire de chasse. Ou plutôt
d'après-chasse, car la chasse n'est pas terminée tant
qu'un animal blessé peut être retrouvé et délivré
de ses souffrances.
Voilà donc une quinzaine de
jours, Eric C. m'appelle en me demandant si je serais intéressé
par une recherche de 40 heures. Il est 16 heures et le sanglier a été
tiré la veille à 10 heures. Il ne compte bien entendu
pas me voir avant le lendemain et il a presque raison ; Achille et
moi avons arpenté la forêt sous la pluie toute la
matinée, j'ai eu froid et n'ai pas trop envie de quitter ma
cheminée. Mais sentant qu'il est très contrarié
par ce mauvais tir, je décide quand même d'aller y faire
un tour pour voir ce qu'en dit le principal intéresse de cette
aventure : Achille, mon chien de rouge.
A 16H30, le teckel embaume la piste à
l'anchuss (point d'impact), et aussitôt nous emmène sans
hésiter dans un coupe épaisse. Nous croisons les
balises laissées par Eric sur les quelques mètres qu'il
a parcouru la veille. Achille travaille vite, le sang a été
lavé et nous devons lui faire une entière confiance ;
pendant 1 km j'écarte tant bien que mal ronces et épines
noires, en recherche, le conducteur doit passer où est passé
le chien, longe oblige. Le jour baisse de plus en plus et je décide
de baliser sur la première ligne venue afin de reporter la
recherche au lendemain. Une zone plus claire s'ouvre devant nous,
c'est un combet au fond duquel j'aperçois une souille. "Allons voir si le sanglier s'est souillé et nous
arrêterons là". En m'approchant je vois
l'animal couché dans celle-ci. "il est encore
vivant, me prévient Eric, je vais l'achever au couteau".
Je le regarde faire tout en armant par précaution ma carabine.
Au moment où le chasseur arrive à proximité, le
sanglier accusant 134 kg se lève et me vient droit dessus, la
9,3 stoppe net sa charge, il roule dans la pente.
Eric saute de joie, soulagé
d'avoir accompli l'acte de chasse « jusqu'au bout ».
21 octobre 2008
Chapeau bas
Aux présidents de chasses qui ont tout simplement interdit le tir des biches et des jeunes en cette ouverture 2008. Bien entendu ils veulent dans un premier temps analyser l'état des troupes.
Il est vrai que le
brassage occasionné par les battues va nous permettre de
compter plus objectivement la population.
Mais déjà
on entend dire qu'on en a vu beaucoup ici ou là, bizarrement
d'ailleurs dans les chasses qui n'ont pas adopté cette
politique...
Mais moi j'y crois quand même, la majorité
des chasseurs du massif sont des gens responsables qui ne donnent pas
de crédit aux élucubrations fantaisies des quelques flingueurs qui n'honorent pas notre corporation.
Et je souhaite que
mon ami Pierre n'aie pas réalisé là un remake
des œuvres d'ancêtres représentant dans les grottes des
animaux bel et bien disparus.



